LES DITHYRAMBES

Un vendredi par mois à 19h,
Valérie Rouzeau et Jean-Pascal Dubost poètes associés,
Sabine Macher poète en résidence,
Samuel Lequette et Delphine Le Vergos, pour la revue et les éditions Hapax,
l’équipe de la revue Dans la Lune,
Jérôme Prévost vigneron-président,
Fabrice Parisot des caves du Forum (Reims)
vous invitent à écouter un poète cependant que vous dégustez un vin, ou à déguster un vin cependant que vous écoutez un poète,en toute convivialité.

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 Programme Poésie saison 2007-2008 ((800 Ko))

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SAISON 2007 - 2008








16 novembre 2007

JACQUES DEMARCQ
& EMMANUEL HOUILLON, Maison Pierre Overnoy, Pupillin-Jura


Membre du collectif TXT de 1979 à 1985, Jacques Demarcq est un poète et traducteur qui a peu publié, beaucoup traduit, et qui ne cesse de creuser les frontières entre langage et langue (que nous avons tendance à confondre). La langue que le poète écrit n’est-elle pas primitivement langage ? Et le son, quoi que c’est que ça ? Langage ? Langue ? De ses voyages interrogatoires, il rapporte des sons dont il fait poèmes-sons, mais sous le son, le sens, et à ce rythme, son-sens-son-sens-son-sens, il franchit l’humour du son. Drôle d’oiseau, ce poète qui traduit du son en sens. Depuis vingt ans il travaille à une œuvre monumentale, des poèmoiseaux qu’il intitule « Les zozios », dont il donne de magnifiques publications sonores.

Il a publié : Une Chanson, Muro Torto, 1979 ; Derniers Sonnets, Carte Blanche, 1983 ; L’Air de l’eau, un opéra (illustré par Colette Deblé), Jean-Michel Place, 1985 ; La Danse du dos, Æncrages & C°, 1988 ; Au lit, woupp ! Hollywood, Au figuré, 1999 ; ChinOiseRies (dessins de Daniel Schlier), G&g, 2000 ; Contes z’à diction, Comp’Act, 2002 ; Hors-Sol (avec Dominique Meens), Comp’Act, 2004 ; Rimbaud x 9, Voix, 2005.
À paraître : E. E. Cummings, un jeune homme à Paris comme partout, J.-M. Place, 2008 ; Les Zozios.
Il a traduit : W.C. Williams, e.e. Cummings, G. Stein, A. Zanzotto...

avec la complicité de Jean-Pascal Dubost


14 décembre 2007

MICHEL CASSÉ
& JEAN-MICHEL STÉPHAN, Côte Rôtie / Côtes de Rhône


“Ayant vécu comme science, je me résoudrai en poésie.”

Michel Cassé est astrophysicien, directeur de recherche au Commissariat à l’Énergie Atomique. Ses thèmes de recherche furent les plus beaux astres, soleil, étoiles et supernovae. Le voilà aujourd’hui astronome de l’invisible. Il cherche au centre de la Voie Lactée l’or de la matière noire légère comme une idée. Auteur de nombreux ouvrages, il vise à parer les vérités scientifiques de formes agréables et à partager la beauté du nouveau ciel.

Michel Cassé a publié : Lambda,Cosmologie dite à Rimbaud, ed. Jean-Paul Bayol 2007; Le roman de la matière noire (avec Jacques Paul ), ed.Odile Jacob 2006; Théories du ciel, espace perdu, temps retrouvé, ed. Rivages 2005; L’univers envolé, ed.Odile Jacob 2004 ; Dialogues, (avec E. Morin ) ed.E. Morin, 2003; Etoiles, CD audio lu par Michel Cassé, ed.De Vive Voix; Du vide et de la création, (avecHubert Reeves), ed. Odile Jacob 2001; Généalogie de la matière, retour aux sources célestes des éléments, ed. Odile Jacob 2000; Gascogne celeste, ( avec Jean-Claude Ulian)ed. Loubatieres1999; Petite étoile, (avec Elisabeth Vangioni-Flam et Jean-Claude Carrière), ed. Odile Jacob 1999; Théories du ciel, ed.Payot1999; Du vide et de la création, ed. Odile Jacob 1993; Passeurs de lumière, ed. Hermann; Conversations sur l’invisible, (avec Jean Audouze et Jean-Claude Carriere) ed. Pocket 2002

avec la complicité de Samuel Lequette et Delphine Le Vergos


11 janvier 2008

"T'as le bonjour d'alfred"
& THIERRY MICHON, Domaine St Nicolas, Fiefs Vendéens - Vallée de la Loire


A l’occasion de l’Omajajari (un hommage collectif d’une quinzaine d’auteurs), à paraître le 1er novembre 2007 aux éditions Cynthia 3000 — soit très exactement 100 ans après la mort d’Alfred Jarry —, Michel Arrivé, Jacques Barbaut, Céline Brun-Picard, Grégory Haleux, Billy Dranty, Samuel Lequette et David Christoffel liront des textes de l’inventeur de la science pataphysique, partageront gestes, opinions et spéculations...

avec la complicité des éditions Cynthia 3000 et Hapax


1er février 2008

SOIREE MACHERMAUCHE
& OLIVIER COLLIN, Congy, Champagne


Pour commencer le premier février on vient à deux on ne lira probablement pas un mot presque sous couverture d’un tapis de sons de papiers liquides et prétextant la poésie on se permet de ne pas comprendre le gôut d’un saint qui a bon dos
vous nous les adorez dans je ne sais pas trop quoi je sais où, Adieu les langues de chat chez Seghers en 2002 ou Superadobe en 2005 au Bleu du ciel,
les revoilà comme un seul home, après leur triommphe à la Bibliothèque de France come aux Laboratoires d’Aubervilliers flickflaksenden : Sabine Macher et son accesoire (mais
indispenssable) Mauche


Sabine Macher
“ Notatrice, elle note, c’est-à-dire, observe et remarque, et note, c’est-à-dire consigne, met en écrits ce qui est remarquable. La notation concernant une partie du réel environnant, l’alentour, l’immédiat, Sabine Macher visualise depuis les gestes qui démarrent de son corps ou depuis ce qui évolue dans le même espace comme nouvel entrant dans une même chorégraphie très ordinaire, quand bien même cela a la taille d’une fourmi ou l’apparente immobilité d’un bananier d’appartement ; la notation devient fragment d’une mémoire qui repose sur les sens, lesquels semblent en excellente intelligence avec l’intelligence. Elle note l’instantané, un arrangement particulier à un moment donné du réel qui ne se reproduira pas : écrire ce qui reste de ça, de ce réel qui fait date, reste d’un temps, comme sur une table, rogatons et reliefs figurent les reliefs d’un temps juste passé, enfui.”

Jérôme Mauche
Né en 1965, Jérôme Mauche organise un cycle de lectures au musée Zadkine et un festival de performances à la Ménagerie de Verre, à Paris, dirige la collection « Grands soirs » aux éditions des Petits Matins, et il est critique d’art. Il est l’auteur d’une dizaine de livres, de livres curieux, de poèmes distants, disjoints, didactiques, domestiques, familiaux, de poèmes-notes, de séquences, comme des assemblages de perceptions visuelles, parfois déjantés, au point de paraître oniriques, et pas tout à fait surréalistes pour ce que cela est consciemment mené. Il est possible que les poèmes soient des objets tenant des arts plastiques du langage. Il a notamment publié aux éditions du Bleu du ciel Fenêtre, porte et façade, 2004 ; Électuaire du discount, 2004 et Superadobe, 2005, aux éditions de L’Attente Tuyautés de pans de flûte de mémoire, 2005, aux éditions de La salle de bain Hôtel piscine avec Loïc Raguénès, 2004, et, en octobre, aux éditions du Seuil, collection « Déplacements », La Loi des rendements décroissants.




14 mars 2008

SYLVIE NORMAND
& MARK ANGELI, Domaine de la Sansonnière, Anjou


« Voir, sentir, goûter, toucher : déguster, c’est interpréter nos sens, mais c’est aussi souvent verbaliser une expérience sensorielle. Si les philosophes et les spécialistes de la physiologie se sont déjà emparés de la thématique de la perception, le linguiste peut apporter sa pierre en étudiant une langue de spécialité liée à une activité relevant du perceptif : celle de la dégustation du vin.
C’est à travers l’analyse des productions langagières, tant écrites qu’orales, de professionnels de la dégustation du vin que Sylvie Normand montre les spécificités linguistique de ce discours.»

Sylvie Normand, docteur en linguistique de l’université de Rouen (laboratoire DYALANG), étudie les langues de spécialité relevant d’une dimension évaluative.

avec la complicité de Samuel Lequette et Delphine Le Vergos


25 avril 2008

LAURENT GRISEL ET BENOIT JACQUES
& EMILE HÉRÉDIA, Domaine de Montrieux, Côteaux du Vendômois


Laurent Grisel
« Je me suis fait un tas de papiers, livres, fichiers. Je l’explore systématiquement, plusieurs fois, selon des ordres différents, je prends le temps de rêver d’une manière, puis d’une autre, puis d’une autre... » (L. G. dans la lune n°10)
Poète protéiforme, éclairé / documenté, passeur traducteur et lecteur Laurent Grisel s’intéresse beaucoup à la diversité du monde, que celle-ci s’incarne dans l’allure d’une poule, les jardins de René Pechère, la pensée de Pierre Bourdieu dont il invente dans La Nasse un dialogue avec Hans Haacke ou encore, par exemple, le cycle de vie du polypropylène. L’ami qui fut des années durant conseiller en environnement apporte sans jamais peser ni poser sa science joyeuse ou non à nos lettres modernes.
Parmi ses publications récentes : La Nasse, en 4 langues (le français de l’auteur traduit en allemand par Rüdiger Fischer, en italien par Fabio Scotto et en anglais par Cid Corman) aux éditions Verlag im Wald, 2001 ; Chat ! et Bestiaire corse aux Benoît Jacques Books, en 2004 et 2005.
On peut aussi visiter son site : wwwpoesieschoisies.net

Benoît Jacques
Benoît Jacques est notre grand frère, il n’est jamais d’accord, il fait des farces, il nous aide, il nous laisse faire, il fait des peintures, des dessins de toutes sortes avec toutes les pointes traçantes qui existent, il fait des sculptures qu’il laisse rougir dans son jardin et qui sont de plus en plus belles, il édite ses livres lui-même parce que c’est mieux et qu’il va travailler avec ses amis imprimeurs dans leur atelier, il fait des dessins avec une brodeuse géniale de Madagascar, il construit des bateaux de planches et de voiles dessinées, ça vogue, et toute la joie que ça donne vous le voyez.
Parmi ses publications les plus récentes, on peut citer :
En 2004 : Permis A – B. Jacques Books ; Scandale au château suisse – B. Jacques Books ; Chat !
, avec Laurent Grisel – B. Jacques Books ; Sagesses et malices des dieux grecs, avec Laure Mistral – Albin Michel, 2004, Sagesses et malices.
En 2005 : Attention extraterrestres - B. Jacques Books ; Au jardin – Editions du Petit Jaunais ; Plans intégral – Bruno Robbe Editions ; Wa Zo Kong - B. Jacques Books ; Bestiaire Corse, avec Laurent Grisel – B. Jacques Books
En 2006 : C’est bizarre – B. Jacques Book ; Die Europanichos Assimil – L’Association, Patte de mouche ; The Expressionist bestiary : a small illustrated anthology of popular expressions for the keen user of French and English = Le bestiaire expressionniste : une petite anthologie illustrée d’expressions populaires à l’usage de l’amateur d’anglais et de français – B. Jacques Books. 2e éd ; C’est la cata ! : Petit manuel du français maltraité, avec Pierre Bénard – Seuil, Points. 2e éd.

avec la complicité de Valérie Rouzeau


16 mai 2008

EDITH AZAM
& YVONNE HÉGOBURU, Domaine de Souch, Jurançon


Une voix qui a fait une apparition remarquée il y a peu. Née en 1973, Édith Azam donne des textes (on ne sait pas très ce que c’est, mais est-ce important) qui paraissent écrits avec chaque particule du corps. C’est d’une simplicité qui vite explose. Consonnes et voyelles se bousculent au portillon de la bouche, car il n’est rien qui soit écrit qui ne passera pas par la bouche et par le geste. Les textes d’Édith Azam sont des textes-pour-bouche. Elle dit qu’elle écrit sa vie, mais sa vie, elle la transforme à grande vitesse. L’écriture demande à ce qu’on la regarde, qu’on lui prête attention. C’est violent, c’est tendre, mais c’est surtout très inquiet, à la limite de la rupture. Un corps entier d’inquiétude, ça donne des objets verbaux intenses.

Elle a publié : Un objet silencieux, Le Suc et l’Absynthe, 2006 ; Opium le ciel et le vent, Le Suc et l’Absynthe, 2006 ; Letika Klinik, Le Dernier Télégramme, 2006 ; Mercure, Castells, 2007 ; Tellement belle garçon-belle, Le Frisson Esthétique, 2007.

avec la complicité de Jean-Pascal Dubost


13 juin 2008

Soirée Oulipo :
HARRY MATHEWS, FRÉDÉRIC FORTE ET IAN MONK
& CLAUDE COURTOIS, Les Cailloux du Paradis, Loire


Trois membres éminents de l’OULIPO, Harry Mathews, Ian Monk et Frédéric Forte viendront des quatre coins du globe pour une soirée potentiellement oulipienne.

Harry Mathews
est né à New York en 1930. Il a publié ses premiers poèmes en 1956. A cette époque il rejoint les poètes de la dénommée École de New York, ami notamment de John Ashbery, avec qui il a fondé la revue Locus Solus. En 1962 il publia le premier de ses six romans, Conversions (le dernier, Ma Vie dans la CIA, est paru en 2005). Il est l’auteur de plusieurs livres de poésie, de traductions, d’essais critiques, et d’autobiographies. En 1970 Mathews rencontra Georges Perec ; une période d’amitié et de collaboration littéraire commença qui dura jusqu’à la mort de Perec en 1982. C’est Perec qui présenta Mathews à l’Oulipo, qui le coopta en 1973, le premier membre américain après Marcel Duchamp. En 1978 Mathews commença à enseigner dans plusieurs universités américaines (littérature française et comparée, ateliers d’écriture). En 1998 Mathews avec la collaboration d’Alastair Brotchie publia Oulipo Compendium, une étude encyclopédique du groupe et de ses affiliés.

Frédéric Forte
a été coopté en mars 2005. Il est né en 1973 à Toulouse et vit à Paris où il exerce le métier de libraire. Il a découvert les Exercices de style de Raymond Queneau à l’âge de 12 ans et a le souvenir très net du mot « Oulipo » lu pour la première fois dans un manuel de français à cette occasion. Quelques années plus tard, il joue de la basse électrique dans un groupe de rock. A partir de 1999, il écrit de la poésie. Sur les conseils de Jacques Jouet, il envoie ses manuscrits aux éditions de l’Attente qui publient en 2002 Discographie et Banzuke puis en 2004 N/S, livre de poèmes bilingues écrit avec Ian Monk. En janvier 2005, Opéras-minute est publié au Théâtre Typographique.

Ian Monk
est poète et traducteur (de Perec mais aussi de Roussel, Hugo Pratt et Daniel Pennac). Coopté à l’Oulipo en juin 1998, après avoir travaillé sur l’Oulipo Compendium avec Harry Mathews, il est l’inventeur de nouvelles contraintes, comme les «monquines» (BO No109) qui combinent sextine et mots nombrés, et les « quenoums » qui combinent les quenines et les pantoums. Sa traduction en anglais du texte monosyllabique de Perec What a man ! (écrit en français, malgré son titre), reste un tour de force. Ian Monk vient de publier Plouk town aux éditions Cambourakis.

avec la complicité de Samuel Lequette et Delphine Le Vergos


SAISON 2006-2007








6 octobre 2006

"lecture - performance"
ARMAND GATTI


Prodigieux poète d’une « parole errante » toute d’humanité, de générosité, d’essentielle révolte, homme de théâtre engagé sur les planches comme dans la vie, Armand Gatti, fils d’émigrés piémontais, fut résistant très jeune avant de devenir journaliste, notamment au Parisien Libéré (il obtint en 1954 le prestigieux prix Albert Londres). Cet ami de Kateb Yacine, de Jean Vilar, de Pierre Boulez, qui rencontra le Che quand ce dernier n’était pas encore le Che, cet anarchiste sans concession fut de tous les combats de son temps et son « Chant de la Révolution » sans fin lui ressemble. Maestro. Nécessaire.
Armand Gatti est l’auteur de plusieurs milliers de pages. Nous citerons parmi ses titres les plus récents Le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz, Verdier, 1992 ; La Parole errante, Verdier, 1999 et les quatre tomes qui composent De l’anarchie comme battements d’ailes, Syllepse, 2000, 2001, 2002 et 2003.




10 novembre 2006

"lecture - dégustation"
ERIC SAUTOU & SYLVIE AUGEREAU


ERIC SAUTOU
Poète discret, à la poésie précaire (au sens fort étymologique de ce qu’on obtient par la prière), poésie du for intérieur, Eric Sautou publie depuis 1986 des petits livres, parfois très minces, qui donnent au lecteur le sentiment que le poète, évoluant dans un flou de réalité, est de passage. Le poème fait signe de vie ; les poèmes qu’il nous montre sont des petits miracles de réussite ; « je plonge mes bras dans l’eau froide/les mots réussissent », écrit-il. Il y a, dans le peu, sensualité originelle, don d’émerveillement enfantin, inquiétude de la mort. Le dernier ouvrage paru, La Tamarissière, est une somme où ce peu semble avoir pris de l’ampleur.
Principales publications : L’Eau (Le Pont de l’Épée, 1986) ; Jusqu’au soir (La Crypte, 1987) ; C’est à peine s’il pleut (La Crypte, 1987) ; Ce sentiment (Le Pré de l’Âge, 1991) ; Le Capitaine Nemo (Tarabuste, 1998) ; Le Nom des fleuves (Le Dé Bleu, 1999) ; Canoë in Venant d’où ? 4 poètes (Flammarion, 2002) ; Rémi (Tarabuste, 2004) ; Un oursin (Le Dé Bleu, 2004) ; La Tamarissière (Flammarion, 2006).

SYLVIE AUGEREAU
Sylvie Augereau vit les pieds dans l’eau. Dans sa maison bien nommée “du passeu”, elle enfile sur le fil de la Loire des notes de dégustations collées, serrées dans de petits carnets. Elle traque, elle scrute, elle débusque, elle note à bout portant. Et toujours elle finit en introduction, au coeur des hommes qui font le vin. Rien que pour cela, elle est de toute bonté. Sylvie Augerau est une journaliste pleine d’humour. Elle publie les “humeurs” vigneronnes dans des revues “Terre de vins”, “Cuisines et vins de France”, “Omnivore”. On lui doit la co-création d’une manifestation devenue référence : “la Dive bouteille” - salon de dégustation débordant, tout azimut, qui fait sortir de cave de futurs grands vignerons -. Elle travaille à la rédaction d’un livre illustré sur le vin destiné aux grands enfants.




8 décembre 2006

čudoviti gala
TOMAŽ ŠALAMUN


« Tomaž Šalamun est un monstre. Tomaž Šalamun est un boulet roulant dans les airs. Personne ne connaît son orbite... » L’ami de Ljubljana enfin chez les Aquatintiens ! Celui qui incarne la poésie slovène moderne de par le monde, et bien plutôt la poésie tout court, à la fois ludique et grave, rêveuse et philosophique, vient en chair et en os nous lire un choix de ses poèmes. Son œuvre, largement diffusée dans les pays anglophones, est encore peu traduite en français. Jacques Roubaud lui a consacré une belle préface, mimétique de l’art de Šalamun, en ouverture des Poèmes choisis.
Poèmes choisis, éditions Est-Ouest Internationales et éditions Unesco, 1995, 2001 ; Livre pour mon frère, Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs (MEET), 1998.




12 janvier 2007

lecture - dégustation
SOIREE LUXEMBOURGEOISE


En ce début d’année 2007, c’est avec grand plaisir que nous recevrons , avec la complicité des éditions Phi, quatre poètes et un vigneron luxembourgeois. De la même façon, une soirée lectures et dégustations de vins sera organisée prochainement au Luxembourg, en compagnie de Valérie Rouzeau, Jean-Pascal Dubost et de vignerons Champenois.
www.phi.lu

Lambert Schlechter, né en 1941 à Luxembourg, vit au bord de la Sûre à Ingeldorf, a publié aux éditions phi Angle mort (récit, 1988), Pieds de mouche (petites proses, 1990), Le silence inutile (roman, réédité aux éditions de la Table ronde, 1996), Ruine de parole (fragments, co-édité par Ecrits des Forges au Québec,1993), Honda rouge et cent pigeons (poèmes, co-édité par Ecrits des Forges au Québec et L’Arbre à paroles en Belgique, 1994), - derniers titres parus : Partances (nouvelles, aux éditions de l’Escampette à Bordeaux, 2003), Smoky (chroniques, aux éditions Le Temps qu’il fait, collection « Lettres du Cabardès », à Cognac, 2003)
Jean Portante, né à Differdange, au Luxembourg. Il vit entre Paris et Luxembourg. Il est poète, romancier, traducteur, journaliste. Son oeuvre comprend plus de vingt titres : des recueils de poèmes, des récits, des pièces de théâtre, des chroniques et des romans, dont certains traduits en anglais, espagnol, italien et roumain. Il est par ailleurs traducteur d’une dizaine de livres de la littérature mondiale. Prix Mallarmé en 2003 pour son livre L’étrange langue, Grand prix d’automne de la Société des gens de lettres 2003 pour « l’ensemble de son œuvre ».
Serge Basso de March est né en 1960 à Verdun. Il vit en France et travaille au Luxembourg. Avec Contre-marges, il publie son premier recueil de poésie auprès des éditions phi.
Alexandra Fixmer est l’auteur d’une recherche inédite sur les arts du spectacle à Luxembourg au 19e siècle et sur la question de l’autonomie et l’identité culturelles du Luxembourg ainsi que d’un recueil de poésie inédit. Ensemble avec Anne Slacik elle a réalisé en 2006 le livre peint en deux tomes, Bleu et L’enfant chauve.
Vins luxembourgeois Le vignoble de la Moselle luxembourgeoise fait partie d’ une des régions viticoles les plus septentrionnales d’Europe. Le vignoble luxembourgeois produit des vins de grand caractère, qui méritent largement leur place parmi les appellations au grand renom. Les vins luxembourgeois portent les noms de leur cépage : Riesling, Pinot gris, Pinot blanc, Auxerrois, Pinot noir, Gewürztraminer, Rivaner, Elbling.




9 février 2007

lecture
ARMELLE LECLERCQ


Formé par imitation comique de la faute de liaison je ne sais pas-t-à qui est-ce, le mot « pataquès », concernant Pataquès, le premier livre d’Armelle Leclercq (1973), désigne un effort de liaison avec le réel, avec le monde et ses gens, dans le microcosme d’un quartier, Belleville, ou celui d’une ville arabe, Le Caire, en une suite narrative de poèmes reliés les uns aux autres, où s’entendent bruits et conversations de rues, de bistrots, parlers populaires, élevés en un rythme savant teinté de traditions littéraires discrètes, sans liaisons maltapropos. On dit que le pataquès a le mérite d’éviter le hiatus, il semble qu’Armelle Leclercq veuille éviter le hiatus (le décalage) entre les cultures.
Publication : Pataquès, Comp’Act, 2005




16 mars 2007

lecture - dégustation
ARLETTE ALBERT-BIROT LIT
PIERRE ALBERT-BIROT

ET DEGUSTATION TOHU-BOHU


PIERRE ALBERT-BIROT
C’est par le moyen d’une extraordinaire exploration du langage que Pierre Albert-Birot (1876-1967) entreprit une certaine non-idée de l’infini, au cœur duquel il pressentait la lumière. Inventeur de la revue SIC en 1916, grand moderne soucieux de la modernité et de l’avant-garde, mais à l’écart des modernités, des avant-gardes et de tout ce qui s’étiquetait en –isme, auteur d’une œuvre dont on n’a pas fini de faire le tour (poésie, prose, théâtre), exultant, exalté, toujours en mouvement, toujours en étonnement, toujours en marche, ami d’Apollinaire, Pierre Albert-Birot écrira une véritable et gigantale épopée d’écriture, une épopée dans un toujours plus de réalité : Grabinoulor. Grabinoulor, c’est lui. C’est à l’occasion de la réédition du Grabinoulor chez Jean-Michel Place (édité en 1991) que nous recevons Arlette Albert-Birot qui fut son épouse, et aujourd’hui éditrice de son œuvre. Intéressée par les avant-gardes historiques, enseignant la poésie moderne et contemporaine à l’Ecole Normale Supérieure, elle a écrit de nombreux articles sur Pierre Albert-Birot, Pierre Reverdy, Claude Cahun, Jean Follain, Michel Seuphor etc. Elle est également présidente de l’association Circé, organisatrice du Marché de la Poésie de Paris.
L’œuvre de Pierre Albert-Birot est entre autres reprise par les éditions Rougerie (quelques titres : Trente-et-un poèmes de poche, Poèmes quotidiens, La Lune ou Le Livre des Poèmes, Deux cent dix gouttes de poésie...), la collection Poésie/Gallimard a réuni quelques livres en un volume : Poèmes à l’autre moi, Ma morte et La Panthère noire en 2004. Édité en 1991, par les éditions Jean-Michel Place, Grabinoulor sera réédité en mars 2007.

DEGUSTATION TOHU-BOHU
Ce soir Jérôme remonte sur scène.
Débarqué du Havre des dizaines de vignerons enflaconnés, pour une dégustation tohu-bohu. Vous en connaissez le principe : du vin pour tous, pour tous différents.
Des mots on vous met l’eau à la bouche. Vous pointez du doigt, vous hochez la tête, vous levez le coude et avalez le désir du vin que vous n’avez pas bu ! Charivarisque !
La “Dive bouteille” se tiendra cette année au Havre du 12 au 13 février 2007 : c’est une grande industrie qui donne écho aux vins d’auteurs.




6 avril 2007

lecture - dégustation
LUCIEN SUEL & ERIC PFIFFERLING


LUCIEN SUEL
Il se qualifie ainsi « poète ordinaire », il est né dans les Flandres artésiennes, il vit dans le 62, il est jardinier, il a bâti sa maison de ses propres mains, il a publié la revue « Starscrewer » (beat), « La Moue de veau » (dada-punk), pratique l’art postal, la performance et anime la Station Underground d’Emerveillement Littéraire (la S.U.E.L.). C’est un expérimentateur, un bricoleur, il travaille dans un atelier, entouré de ses matériaux, il tâte de tout, ou plutôt réinvente tout, on a dit de lui qu’il « recycle la réalité », que c’est « un artiste écologique au sens pratique du terme ». Ses performances sont comme ses livres, coulées verbales, formes arithmogrammatiques, collages, caviardages... Il écrit aussi des poèmes en picard.
Bibliographie (très partielle) :
Morceaux Choisis (Les Contemporains, 1991) ; Le lapin mystique ( Station Underground d’Emerveillement Littéraire éd., 1996) ; Théorie des orages (La Main Courante, 1998) ; La Justification de l’abbé Lemire (Editions Mihàly, 1998) ; Visions d’un jardin ordinaire, (photos de Josiane Suel, Ed. du Marais, 2000) ; Une simple formalité (avec Sylvie Granotier, Marais du Livre, 2001) ; Les coups (Editions de l’Attente, collection Week-end, 2001) ; L’envers du confort (Voix éditions, coll. Vents contraires, 2001) ; Coupe Carotte (Editions Derrière La Salle De Bains, 2002) ; Canal Mémoire (Marais du Livre, 2004) ; La limace à tête de chat (dessins, S.U.E.L., 2004 ) ; Poèmes marcottés des quatre saisons (Editions Contre-allées, 2005) ; Un trou dans le monde (éditions Pierre Mainard, 2006).

ERIC PFIFFERLING
La dernière crue a charié ces dernières ruches ensablées quelque part dans le delta du Rhône. En même place, au musée Arlaten - panthéon de Frédéric Mistral - on pourra reluquer sous une vitrine un petit lézard desséché. La croyance ordinaire veut que glissé dans votre poche, l’animal vous porte bonheur ... Devenu vigneron, Eric Pfifferling a glissé sans le savoir “l’anglore” sur le verre de ses bouteilles.
Eric Pfifferling, vigneron transparent à Tavel, donne à boire dans ses cuvées, l’inouïe profonde présence de la délicatesse. Ses grands vins de rien portent au nouveau bonheur.




11 mai 2007

lecture - dégustation
WILLIAM CLIFF & NICOLAS BOULARD


WILLIAM CLIFF
Entré aux éditions Gallimard grâce à Raymond Queneau, William Cliff est une voix importante de la poésie d’aujourd’hui. Allant chercher la réalité dans la réalité, parfois dans l’extrême réalité, voire dans l’ordre du monde, William Cliff la fait aller dans une poésie pétrie de formes classiques d’une façon telle qu’à l’oreille la chose paraît naturelle. Lointain descendant de François Villon, son vers provoque, moque, ironise, et de Charles d’Orléans, le ton n’est pas exempt d’une certaine mélancolie. Poète inquiet de sa très-humaine condition, il ne tutoie pas les « Anges revêtus d’or », il les insulte. Il a essentiellement publié des livres de poésie, mais depuis quelques années, il fait paraître des textes de prose, romans ou récits.
Bibliographie :
Poésie : Homo sum (in Cahier de poésie 1, Gallimard, 1973) ; Écrasez-le (Gallimard, 1976, réédition Écrasez-le, précédé de Homo sum, Gallimard, 2002) ; Marcher au charbon (Gallimard, 1978) ; America (Gallimard, 1983) ; En Orient (Gallimard, 1986) ; Conrad Detrez (Le Dilettante, 1990) ; Fête Nationale (Gallimard, 1992) ; Autobiographie (La Différence, 1993) ; Journal d’un Innocent (Gallimard, 1996) ; L’État belge (La Table Ronde, 2001) ; Adieu patries (Le Rocher, coll. Anatolia, 2001) ; Passavant la Rochère (Virgile, 2004) ; Le Pain quotidien (La Table Ronde, 2006).
Prose : La Sainte Famille (roman, La Table Ronde, 2001) ; Le Passager, (roman, Le Rocher, coll. Anatolia, 2003) ; La Dodge, (roman autobiographique, Le Rocher, coll. Anatolia, 2004) ; L’Adolescent (roman ; Le Rocher, coll. Anatolia, 2005)

NICOLAS BOULARD
Pour le plaisir de nos papilles, carte blanche à Nicolas Boulard, artiste nouveau média, caviste distingué et amateur de vins avisé, qui nous fera découvrir une sélection originale de ses amis vignerons.
“Depuis 2001, je produis à titre d’artiste des vins et autres boissons alcoolisées.
Réalisés en petite série, ces multiples alcoolisés questionnent sur différentes notions propres au monde viticole : la notion de règle, de loi, de norme. La liberté de créativité par rapport à des règles de production. La question de l’espace de production. La notion de qualité, de bon, de bien, de beau. Certaines de ces réalisations sont abordées avec une certaine naïveté teinté d’humour, d’autres avec un esprit critique. “
Il est l’auteur du Journal de la route des vins d’Alsace, 2004 édition FRAC Alsace.
www.salocin.org




8 juin 2007

lecture - dégustation
CLAUDE DUNETON & CATHERINE BRETON


CLAUDE DUNETON
Le plus réjouissant de nos écrivains penseurs ès linguistique-et-tac nous fait l’honneur et nous procure la joie de nous rendre visite pour les ultimes agapes de l’année. Claude Duneton ! Ses ouvrages sont autant de pavés dans la mare, « un point, c’est marre ». De langue maternelle occitane, ce philosophe des mots (comme Bachelard se qualifiait de « psychologue des livres ») nous régale de dictionnaires et anthologies aussi savants que drôles, de manuels révolutionnaires, de récits inouïs, uniques (tel ce Monument érigé à la mémoire des morts de la Première Guerre Mondiale de son village natal, Lagleygeolle.) Il sait comme personne réveiller les expressions figées, pointer « farces et attrapes textuelles » ou encore dénoncer les aberrations politiques qui ont mené, par exemple, à abolir les patois au profit de l’enseignement d’une langue française essentiellement livresque (celle de Molière – on ajoutera pour le plaisir : surtout lorsque c’est Corneille qui compose !) et par là vain.
Parmi son œuvre abondante : L’anti-manuel de français à l’usage des classes du second degré, avec J. P. Pagliano, Le Seuil, 1980 ; La Puce à l’oreille, Le Seuil, 1990, Le Livre de Poche, édition augmentée, 2002 ; La Mort du français, Plon, 2000 ; Le Monument, Balland, 2004.

CATHERINE BRETON
On croyait tout savoir sur la pétillante et malicieuse femme de Pierre, le vigneron.
On ne savait rien sur la vigneronne.
On sait qu’il faut souquer ferme pour détacher les liens de métier qui passent par le père.
Que savons-nous de ceux défaits qui passaient par l’époux ?
Une soirée dégustation indispensable sur le goût de l’autre, par goût de la différence et dégoût des préjugés.
A l’orée 2002 Catherine Breton enfonce des coins dans les traditions locales et familiales. Elle élabore en vis à vis dans leur cave de Bourgueil du cabernet franc croquant et des Vouvrays en “dilettante” naturellement turbulents. Des vins intimes remèdes au désenchantement.




SAISON 2005 - 2006








jeudi 13 octobre 2005

"Performance"
John
Giorno


Le poète new-yorkais dont on dit souvent qu’il est à la poésie ce qu’Andy Warhol est aux arts visuels ouvre notre saison poétique à l’occasion d’une véritable « tournée » en France, tournée coordonnée par la Maison de la Poésie de Nantes (un grand merci à Magali Brazil). L’inventeur de la poésie téléphonée, le performeur inspiré des nouvelles technologies pratique encore la lithographie et la méditation bouddhiste tibétaine.

On pourra lire, traduit en français, son Suicide Sûtra (Bourgois, 1980, réédité aux éditions Al Dante en 2004, préface de William Burroughs) ou encore /Manger le ciel (éditions derrière la salle de bains, 1998) et Il faut brûler pour briller (Al Dante, 2002).




vendredi 18 novembre 2005

"Les Dithyrambes, lectures bacbucantes"
Christiane Veschambre
& AGATHE BURSIN, Alsace grand cru Zinnkoeplé


Christiane Veschambre nous procure la joie de revenir à Tinqueux pour une nouvelle soirée des Dithyrambes. En mars 2004, il avait neigé en Champagne Pouilleuse. Magie... Voici de belles pages qui rêvent sans jamais oublier le sol, la vie dure des aïeux paysans, l’irrémédiable condition humaine. Voici un exceptionnel poète du ciel et de la terre.
Quelques titres : Le Lais de la Traverse (éditions des Femmes, 1979) ; Les Mots pauvres (Cheyne, 1996) ; La Griffe et les Rubans (Le Préau des Collines, 2002). Une prose inspirée de Sarajevo paraîtra prochainement dans la lune.

Attirée des l’enfance par les jeux de garçons, façonnée vigneronne, la rare et belle Agathe produit “dans son chai de poupée” des vins définis par la critique comme “les plus purs et les plus raffinés du sud de l’Alsace”.
A ses côtés, les mystères du vin se dévoilent de façon confondante.
Avant elle, personne n’avait pu mettre en bouche ce que l’expression “clair comme de l’eau de roche” pouvait dire.
Des vins qui remuent et qui bouleversent.
Agathe Bursin étincelle un gewurztraminer, un riesling et un pinot gris, trois grands crus Zinnkoepflé sur les terres cristallines de Westhalten dans le sud de l’Alsace.




vendredi 9 décembre 2005

"Les Dithyrambes, lectures bacbucantes"
Jean-Pierre Verheggen & François des Ligneris, Chateau Soutard Saint-Emilion grand cru


Nous avons l’honneur d’accueillir aussi pour la deuxième fois aux Dithyrambes notre ami Jean-Pierre Verheggen. L’auteur des Folies-Belgères et du Degré Zorro de l’Ecriture tient à la fois singulièrement de Grévisse et Scutenaire, entre autres ! Il fut l’un des fondateurs de la revue TXT et obtint en 1995 à Paris le Grand Prix Humoriste Carême de l’Humour Noir pour l’ensemble de son œuvre.
Il a récemment publié On n’est pas sérieux quand on a 117 ans (Gallimard, 2001) ; Ridiculum Vitae (Poésie/Gallimard, 2001) ; Du même auteur, chez le même éditeur (Gallimard, 2004) et Gisella (Anatolia, Le Rocher, 2004).

Vigneron à Saint-Emilion du fils par le père depuis 1515, François des Ligneris est un vigneron hors champs.
Le regard oblique qu’il porte aux choses qui l’entourent, les chemins aux pas perdus qui traversent sa propriété nous mènent directement à lui :
sa passion pour les mots, pour l’écrit, son désir de vin qui s’égrène jusqu’au bord méditerranné font de François des Ligneris l’un des vignerons les plus attachants du paysage viticole d’aujourd’hui.
Ce soir, Monsieur le comte part aux champs.
Dégustez.
Au coeur atlantique, Soutard saint-émilion grand cru, par coeur du blanc du rouge et du rosé Entre Deux Mers,
Et du rouge Corbières en bord Méditerrané.





jeudi 12 janvier 2006

"Histoires de la Poésie"
Jacques Roubaud


Avec le poète mathématicien, le mathématicien poète nous proposons une rencontre oulipienne à la Jacques Roubaud, c’est-à-dire que, peut-être, nous partirons des troubadours, visiterons la Renaissance via le sonnet dont il est l’un des plus heureux spécialistes et improviserons jusqu’à nos jours (parce que notre hôte appartient à, aussi, nos jours) : une soirée que nous souhaitons avant tout roubaldienne, donc aussi singulière que plurielle.

Parmi son abondante bibliographie, on peut citer Trente et un au cube (Gallimard, 1973) ; La Vieillesse d’Alexandre : Essai sur quelques états récents du vers français (Maspero, 1978 ; Ramsay, 1998) ; Quelque chose noir (Gallimard, 1986) ; Les Animaux de tout le monde et Les Animaux de personne : Poèmes pour enfants (Seghers, 1990 et 1991) ; Soleil du Soleil : Anthologie du sonnet français de Marot à Malherbe (Poésie/Gallimard, 1999).




vendredi 3 février 2006

"Les Dithyrambes, lectures bacbuccantes"
Yves Charnet
& un vigneron de derrière les fagots...


Dès les Proses du Fils, parues en 1993, Yves Charnet s’est imposé comme l’un de nos plus grands lyriques en prose : sans doute est-il en train de nous réinventer son romantisme, telle « une autre modernité »... Ce fin connaisseur de Baudelaire enseigne la culture générale à Supaéro à Toulouse.

Il a fait paraître, aux éditions de la Table Ronde : Proses du Fils (1993 et 2002 pour l’édition en poche, préfacée par Denis Podalydès) ; Rien, la vie (1994) ; Cœur furieux (1998) ; Mon amour (2001) et Petite chambre (2005).




vendredi 17
et samedi 18 mars 2006

Printemps des Poètes
Tables rondes, rencontres, discussions...

LE SOUFFLE DE LA LANGUE


Deux journées de lectures publiques et table(s) ronde(s) avec les poètes et penseurs Rodica Draghincescu ; Jean-Pascal Dubost ; Claude Esteban ; Camille Loivier ; Henri Meschonnic ; Patricia Nolan ; Jean-Baptiste Para ; Tomaž Šalamun (sous réserve) et Valérie Rouzeau. Les uns et les autres témoigneront de leur expérience toute particulière de la langue : poétique, politique, quels enjeux, quels pouvoirs... La langue / pouvoir ; la langue / mémoire ; la langue / liberté.

Rodica Draghincescu, Roumaine exilée en Allemagne puis en France, écrit ses poèmes en Français. Elle a dernièrement publié Fauve en Liberté(coédité par les Ecrits des Forges et Autres Temps, 2003 – avec une quatrième de couverture de Bernard Noël).
Jean-Pascal Dubost, fondateur des Dithyrambes avec Michel Fréard, Jérôme Prévost et Valérie Rouzeau. Trouvère renaissant et fin rhétoriqueur, il a récemment publié Les Nombreux (le dé bleu, 2001) ; Fondrie (Cheyne, 2002) ; Monstres morts (Obsidiane, 2005) et Dame (éditions 1 : 1, 2005).
Claude Esteban, poète et traducteur né d’un père espagnol exilé et d’une mère française sait comme le bilinguisme n’est pas nécessairement la chance qu’on croit. Il a publié à ce propos une réflexion intitulée Le Partage des mots (Gallimard, 1990). Parmi ses nombreux ouvrages on citera notamment les poèmes de Morceaux de ciel, presque rien (Gallimard, 2001) et le beau recueil d’études Ce qui retourne au silence (Farrago / Léo Scheer, 2004).
Camille Loivier, poète et traductrice du Chinois et du Japonais, fondatrice de la revue Neige d’août. Elle a traduit Wang Wenxing et de nombreux poètes, ainsi que les mémoires que lui a confiés le Professeur Chen Ming, survivant du « goulag » chinois : Les Nuages noirs s’amoncellent (Zulma, 2003).
Henri Meschonnic, poète, traducteur de la Bible, linguiste de renom a publié nombre de livres sans lesquels on ne fait plus, dont Pour la Poétique I, II, III (Gallimard, 1970, 1973) ; La Rime et la Vie (Verdier, 1990) ; Poétique du rythme, politique du sujet (Verdier, 1995) ; Gloires : Traduction des Psaumes (Desclée de Brouwer, 2001).
Patricia Nolan, poète née à Dublin, enseigne le journalisme à Paris. Deux recueils ont paru en bilingue aux éditions du Castor Astral : Travelling (2001, traduit par Cécile Wajsbrot) et Strip-Tease (2005, traduit par Emmanuèle Sandron).
Jean-Baptiste Para, poète et traducteur de l’Italien et du Russe, dirige la revue Europe, laquelle a plus de quatre-vingts ans d’existence. Il a publié Le Jeûne des yeux et autres exercices du regard (éditions du Rocher, 2000) ; Anthologie de la Poésie Française du XXème siècle (tome 2, aux éditions Poésie/Gallimard, 2000) ; Passeurs de Mémoire (Poésie/Gallimard et Le Printemps des Poètes, 2005).





vendredi 7 avril 2006

"Les Dithyrambes, lectures bacbucantes"
Thierry Le Pennec
& Jean-Baptiste Sénat, Minervois


Thierry Le Pennec, poète, est terrien, paysan, jardinier : il sait trouver « un brave chemin » et voici du connu très étrange, de l’inconnu bien familier. Ce qui se cultive chez lui est aussi bien un art de vivre. Un homme aime, il pense, il rêve, il note direct.
Avec Un Pays très près du ciel (le dé bleu, 2005) Thierry Le Pennec a obtenu le Prix de Poésie de la Ville d’Angers. Il avait auparavant publié quelques titres dont Néo (Cahiers Blanc Silex, 2003) et Sur la butte (Wigwam, 2000).

C’est un douteux, un vrai, parce qu’il commet le geste vigneron nécessairement engagé et devine son résultat à l’emporte vent, stéréotypé minéral, pile et face au soleil...
Il met le sens pardessus tout.
C’est le grand frère, on aime à ses côtés.
Comme on dit par chez nous : Jean-Baptiste, c’est un gars bien”.
Jean-Baptiste met les pieds dans le plat en lachant le Garnache dans “le bois des merveilles” et met “(...) où est donc Ornicar” sur la table !




jeudi 11 mai 2006

"Histoires de la poésie"
ARMAND ROBIN


ARMAND ROBIN (1912-1961), ou l’énergie centrifuge et centripète.
« Armand Robin, lit-on sur le site internet armandrobin.org, poète méconnu, traducteur hors norme, essayiste, fut aussi homme de radio, journaliste... Ayant voué sa vie à l’écoute des radios du monde entier, il peut être considéré comme le premier poète du WEB...à une époque où celui-ci n’existait pas encore. »
Pour cette deuxième séance consacrée aux « histoires de la poésie », nous voyagerons tel Grabinoulor, le héros et double de Pierre Albert-Birot, dans l’espace et dans le temps à partir de l’œuvre prodigieuse de ce fils de paysans bretons qui traduisit d’au moins 22 (vingt-deux) langues. Phénomène. Il nous mène en Arabie au VIème siècle avec Imroulqais ; en Chine au VIIIème siècle avec Tou Fou, Wang Wei et Li Po ; en Hongrie, en Russie, en Exil, en Italie au siècle qui vient de s’écouler avec Attila Joszef, avec Blok et Essénine, Pasternak et Maïakovski, Ungaretti. Sans oublier Shakespeare. Sans oublier les Bretons, les Allemands, les Flamands... Sans oublier André Ady – le lyrique hongrois du XIXème qui aura été « l’un des (principaux peut-être) autres que (Armand Robin) fu(t) »...

Quelques titres trouvables (les deux volumes de Poésie non traduite parus chez Gallimard en 1953 et en 1958 sont, entre autres, malheureusement toujours indisponibles à l’heure où nous rédigeons ces lignes) : Le Temps qu’il Fait (Gallimard, coll. L’ Imaginaire, 1986) ; Quatre Poètes Russes : Blok, Essénine, Maïakovski, Pasternak (éditions Le Temps qu’il Fait, réédition 1994) ; Ma Vie sans moi suivi de Le Monde d’une voix (Poésie/Gallimard réédition augmentée du poème « Le Programme en quelques siècles », 2004).




jeudi 15 juin 2006

"Histoires de la poésie"
FAUT-IL SAUVER LE VERS ?


Nous consacrerons ce dernier rendez-vous chez les Aquatintiens à la vaste question du vers à propos duquel Yves Bonnefoy déclara naguère qu’il fallait le m. Nous essaierons d’évoquer le vers dans tous ses états, d’Alexandre à nos jours. « Poétique du discontinu » dirait le romancier Jean-Paul Goux – qui a bien sûr opté pour celle du continu.
Pour cette ultime rencontre, vous pouvez apporter à boire et à manger.




SAISON 2004 - 2005








19 octobre 2004

Henri Droguet

La discrétion de ce poète inouï n’a d’égal que son talent. Immense. On va parmi les poèmes d’Henri Droguet comme un Poucet qui rêve, de merveille en merveille…

Il a notamment publié, aux éditions Gallimard Le Passé Décomposé (1994) ; Noir sur Blanc (1998) ; La Main au Feu (2001) ; 48°39’N-2°01’W (2003) ainsi que Ventôses aux éditions Champ Vallon (1990).


9 novembre 2004

Jean-Paul Klée

Le premier éditeur de Jean-Paul Klée, Guy Chambelland, disait de lui : « C’est notre Walt Whitman » ! Très juste ! En effet Jean-Paul Klée, pour ne pas citer l’auteur des Feuilles d’herbe, est « vaste » et à lui seul « contient des multitudes »… Sans doute notre lyrique le plus ardent, le plus fantasque aussi.



Il a publié, entre autres : L’ Eté l’Eternité, Chambelland, 1970 ; Requiem sur l’Europe à son lit de mort, Saint-Germain-des-Prés, 1983 ; Journal du Fiancé, Le Cherche-Midi, 1985 ; Oh dites-moi si l’ici-bas sombrera, Arfuyen, 2002 ; C’est ici le pays d’olivier larizza, bf éditions, 2003.


14 décembre 2004

Jean-Louis Giovannoni

Depuis Garder le mort, Jean-Louis Giovannoni n’a eu de cesse de se renouveler tant dans son principe d’économie poétique (entre plaisir et réalité, il semble bien que l’homme soit ce « diptère » contrarié) que dans ses grandes largeurs de poète généreux… Citons, parmi son œuvre Garder le mort (1979, 1991), L’ Immobile est un geste (1990) et Chambre intérieure (1996) aux éditions Unes ; L’ Invention de l’espace, aux éditions Lettres Vives, 1992 ; Traité de la toile cirée chez Didier Devillez et Deyrolle éditeurs, 1998.

Citons, parmi son œuvre Garder le mort (1979, 1991), L’ Immobile est un geste (1990) et Chambre intérieure (1996) aux éditions Unes ; L’ Invention de l’espace, aux éditions Lettres Vives, 1992 ; Traité de la toile cirée chez Didier Devillez et Deyrolle éditeurs, 1998.


11 janvier 2005

Charles Pennequin

Il existe un phénomène Pennequin que l’on prendrait facilement pour un phénomène naturel (comme ce qui couve, la poule ou l’orage ; comme encore la rumination ou le bourdonnement monotone et obstiné d’abeilles) dans un mouvement d’oubli ou d’abandon. Mais on lit là de ces litanies, de ces ressassements, une telle gamberge-gageure !

Citons quelques titres depuis sept ans : Le Père ce matin, éditions Carte Blanche, 1997 ; Moins ça va plus ça vient, Le Jardin Ouvrier, 1999 ; Lettre à J.S., éditions Al Dante, 2001 ; Bine, éditions Le Corridor, 2003 ; Mon Binôme, éditions POL, 2004.


1er février 2005

Annelyse Simao et Bruno Berchoud

Classique moderne, Annelyse Simao tient la promesse de Rimbaud, femme poète qui « trouve de l’inconnu », délicieux ou douloureux. Ses vers ne manquent ni d’audace ni d’élégance, et sa voix se distingue aussitôt.

Avec deux volumes (vers et prose) publiés au dé bleu, Bruno Berchoud prolonge ce que l’on a appelé à juste titre « poésie du quotidien » : ni Georges-Léon Godeau ni François de Cornière ni Jean-Pierre Georges, mais Bruno Berchoud lui-même, initiales B.B.

Annelyse Simao a publié Mélodie des petits riens aux éditions du dé bleu (2000) ainsi que Pas tes mains mais ma bouche et Dans un corps éloigné de mémoire aux éditions de la Dragonne, respectivement en 2001 et 2004.

On peut lire de Bruno Merchoud L’ Ombre portée du marcheur et Comme on coupe un silence parus au dé bleu en 1998 et 2000.



15 mars 2005

Lambert Schlechter

Le mélomane luxembourgeois Lambert Schlechter écrit en prose démesurée lorsqu’il ne compte pas (sur) ses syllabes. De l’anecdote, de la toute simple prise de note à ses quatrains-haïku où le poète-philosophe se concentre l’écriture varie, pour notre plaisir.

Parmi ses titres, aux éditions Phi : Pieds de mouche, 1990 ; Le silence inutile, 1991 ; Honda rouge et cent pigeons, 1994 ; Le papillon de Solutré, 2003 et Smoky, recueil de chroniques, aux éditions Le Temps qu’il Fait, également en 2003.


5 avril 2005

Céline Minard

A ce jour Céline Minard n’a publié qu’un seul livre, R., oui, mais rien moins qu’un petit chef d’œuvre ! Et c’est aussi bien d’air qu’il s’agit, dans l’atmosphère suffocante de notre actualité : on respire enfin. Cet ouvrage d’expérience célèbre la liberté de l’homme, la pensée en marche, à des lieues (ce mot s’impose ici) des conventions à la mode.

R. a paru aux éditions Comp’Act en janvier 2004


10 mai 2005

Jean-Baptiste Para

Des poètes vivant et écrivant en France aujourd’hui, Jean-Baptiste Para est sans conteste l’un des plus énergiques, et son œuvre n’est mince qu’en apparence. Traducteur de l’Italien (Giuseppe Conte, Antonio Tabucchi, Alberto Nessi…), revuïste (il dirige la deux fois quadragénaire Europe), homme de radio (co-producteur de Poésie sur Parole avec André Velter) Jean-Baptiste Para est un poète rare dans tous les sens du terme.

Quelques titres : Une semaine dans la vie de Mona Grembo, éditions Arcane 17, 1985 ; Longa tibi exilia, éditions AEncrages & Co, 1990 ; Anthologie de la poésie française du XXème siècle (volume 2, de Frénaud à Novarina), Poésie/Gallimard, 2000.


14 juin 2005

Christian Prigent

Poète « à-freud » (pour reprendre son mot) et penseur captivant, Christian Prigent a fondé en 1969 et dirigé jusqu’au début des années 9O la fameuse revue TXT avec, notamment, le Belge sauvage Jean-Pierre Verheggen. Poète « phare » aussi bien, pour quelques uns des jeunes poètes qui arrivent et se réclament de lui.

Son œuvre compte plusieurs dizaines de titres dont La Belle Journée, éditions Chambelland, 1969 ; Ceux qui merdRent (essai), chez POL, 1991 ; Une phrase pour ma mère (lamento-bouffe), POL, 1996 ; Le Professeur, éditions Al Dante, 1999 ; Grand-mère Quéquette, POL, 2003.


SAISON 2003 - 2004








7 octobre 2003

JEAN-PASCAL DUBOST

« …or que l’ire materne de n’arranger mieux ça travaille à contre-courant que la brise ne porte in petto que de la matière marine (fucus brouillé de guano) dans une rime normande pauvre - »
Avec et contre la langue « materne » Jean-Pascal DUBOST écrit des poèmes complexes et subtils, en vers amples, en proses serrées, en … Il convoque des voix-qu’elles soient par exemples celles d’amis, de parents ou Villon, Laforge, Kerouac et, de là, invente la sienne, surprend toujours.


Il a publié notamment LES VIEUX COSTUMES (L’Arbre, 1993) ; LES QUATRE-CHEMINS (Cheyne, 1995, 1997) ; LES COCHONS PROSAÏQUES (L’Arbre, 1996) ; C’EST CORBEAU (Cheyne, 1998,2001) ; DES LIEUX SÛRS (Tarabuste, 1998) ; L’ARDOISE (Wigwam, 2000) ; LES NOMBREUX (Le dé bleu, 2001) ; LES LOUPS VONT Où ? (Obsidiane, 2002) et FONDRIE (Cheyne, 2002).


18 novembre 2003

ISABELLE PINÇON

« Ça fait des mois vous êtes loin déjà a petits coups de mot se remettre à l’abri chanter les PREMIERES notes du requiem je chante le cœur en parfait état. »
Isabelle Pinçon, depuis son premier titre – prix Kowalski de la ville de Lyon – s’adresse essentiellement à l’autre, mort ou vif, écrit ses poèmes comme autant de messages dans des bouteilles à la mer, sauf qu’il ne s’agit pas d’envoyer des SOS = elle semble s’étonner de tout, et elle nous étonne beaucoup.

Elle a publié, entre autres : EMMANUELLE VIT DANS LES PLANS (Cheyne, Prix Kowalski 1994) ; C’EST CURIEUX (Cheyne, 1995) ; MORT ET VIF (Le dé bleu, 1996) ; JE VOUS REMERCIE MERCI (Le bruit des autres, 1999) ; UT (Le dé bleu, 2001).


9 décembre 2003

JEAN-PIERRE VERHEGGEN

« Oui ! ma-sœur-la-langue, elle est faite d’argonji, de babouillis et tambouillis bamboulas, de langues rouges cervelas et des plus calamiteux lapsi. Elle est faite de contre-litanies – d’introïbo au coït et d’ora porno nobis ! – de chansons biloutes et louloutes, de nursery rhymes d’Entre-Jambe-et-Meuse et de comptines de mon pays, salopes ou sauvages… ».
En dépit des apparences, Jean-Pierre VERTEGGEN ne plaisante pas : il déborde, il s’indigne, il rit et pleure en même temps, il s’emballe, il s’emporte… il ne plaisante pas ! Toute sa poésie clame la vie l’amour la mort avec une ferveur inouIe, un don comique incomparable qui n’oublie pas le revers tragique de la médaille.

Parmi son œuvre abondante on peut citer : LE GRAND CACAPHONE (Chambelland 1974) ; STABAT MATER (Cadex, 1986) ; LE DEGRE ZORRO DE L’ECRITURE (Bourgois, 1978, Actes sud/Babel, 1996) ; LETTRES D’AMOUR A GISELLA FUSANI (La nouvelle barre du jour,, Montréal 1985) ;LES FOLIES-BELGERES (le Seuil/Point virgule, 1990) ; ORTHOGRAPHE 1ER, ROI SANS FAUTES (Le Seuil/Petit point,1991) ; RIDICULUM VITAE (La différence, 1994, Repris, précédé de Artaud RIMBUR, en poésie/Gallimard, 2001) ; ON N’EST PAS SERIEUX QUAND ON A 117 ANS (L’Arbalète/Gallimard, 2001).


13 janvier 2004

DOMINIQUE PONCET

« J’appelle depuis longtemps baratin ce que je devrais plutôt appeler rumination. (…) Je disais baratin car cela évoque toujours pour moi le Ruisseau de Bérentin où j’ai appris à nager sans risque (même les têtards y ont pied). Je prononçais tout de travers dans les premières années de ma colonisation par les mots des humains ».
Avec Dominique PONCET, on dirait qu’une espèce d’hybride de clown et de roi de Shakespeare prend la parole : le vers s’amuse de lui-même, la prose est comme enchantée. Cela ne convient pas, bien sûr, pour présenter cet artiste magistral et fou, libre, libre, libre. Un enfant érudit hors-normes.

Parmi les ouvrages disponibles de Dominique PONCET : CARNETS D’ETE avec le peintre Henri JABOULAY (Comp’Act, 1991) ; LES PENTES FABULEUSES (Comp’Act, 1999 et 2003 pour la réédition en poche) ; TETES DE LUNE, avec le photographe Alain MOÏSE ARBIB (Ed. Le grand os, 2002).


10 février 2004

ANTOINE EMAZ

« Né en 1955. Ensuite, vie ordinaire, entre pas facile et pas impossible, comme tout le monde. Je ne vois pas bien quoi dire d’autre qui serait un peu nécessaire, ou éclairant, au-delà, autour ou en-deçà des poèmes ».
Lui qui a pris le parti d’user en vers comme en prose des mots les plus banals, les plus communs de notre langue dit la misère, la fragilité, l’étrange beauté de la vie humaine ordinaire qui vient, qui va, fait ce qu’elle peut avec le « dedans », avec le « dehors ».

Antoine EMAZ a notamment publié : EN DEÇA (Fourbis, 1990) ; C’EST ( Deyrolle, 1992) ; ENTRE (Deyrolle, 1995) ; FOND D’ŒIL (Théodore Balmoral, 1995) ; SABLE (Tarabuste, 1997) ; BOUE (Deyrolle, 1997) ; SOIRS (Tarabuste, 2000) ; RAS (Tarabuste, 2001) ;JE NE (Verlag im Wald, Allemagne, 2001) ; VENT, VOIX (Les Petits Classiques du Grand Pirate, 2002 – avec le peintre Jacky ESSIRARD).


9 mars 2004

CHRISTIANE VESCHAMBRE

« Les "Racines" de mon écriture s’enfoncent, au moins pour partie, dans la terre de ma mère, née dans un petit village de Bretagne au début du XXe siècle d‘une mère atteinte de débilité et d’un père qui ne l’a pas reconnue. »
Femme de parole, et solitaire Christiane VESCHAMBRE accomplit une œuvre capitale comme l’amour, la poésie – aussi rare et nécessaire. Ses livres, de nature explicitement autobiographique, sont en quelque sorte les livres de bord d’un poète = livres d’expérience dont le lecteur sort ravi et grandi, comme ces « mots pauvres » sont d’une richesse infinie.

Elle a publié, entre autres LE LAIS DE LA TRAVERSE (Les Femmes,1979) ; LES MOTS PAUVRES (Cheyne, 1996) ; LA GRIFFE ET LES RUBANS (Le préau des Collines, 2002). Le numéro 6 de la revue le Préau des Collines (Mars 2003) lui est consacré, avec des extraits de tous ses livres et un inédit = JOURNAL DU SOIR.


6 avril 2004

JEAN-PIERRE GEORGES

«Passer à l’acte…ne pas écrire…Il faudrait en finir avec le papier ; la non-vie sur le papier, PASSER A L’ACTE ! Ne pas écrire "printemps", ne pas faire quatre pas sur le parquet craquant, de la vitre à la table, puis, d’impuissance, soupirer aussi fort que la mer. »
Jean-Pierre GEORGES semble un éternel jeune homme drôle, drôle de jeune homme aussi bien, plein d’humour (plein d’amour aussi, forcément) humour que sans doute un Dominique NOGUEZ, qui en a composé l’arc-en-ciel, qualifierait de « jaune » = humour de celui qui se moque de lui-même mine de rien mais n’empêche veut bien qu’on l’aime quand même…

Parmi ses publications on peut citer OU ETRE BIEN (Le dé bleu, 1984) ; LA PLAINTE (Tarabuste, 1988) ; JE M’ENNUIE SUR TERRE (Le dé bleu, 1996 et 2001) ; PASSEZ NUAGES (Multiples, 1999) ; LE MOI CHRONIQUE (Les carnets du Dessert de lune, 2003) et AUCUN RÔLE DANS L’ESPECE (Tarabuste, 2003).


11 mai 2004

PIERRE AUTIN-GRENIER

«A la communale j’avais à cœur d’aligner des bâtons. Par la suite, pouvoir par moi-même former une à une, en pleins et déliés, les vingt-six lettres de l’alphabet m’avait fasciné. Bien que ce fût obligatoire, on m’envoyait peu à l’école. J’y avais cependant très tôt pris goût ; outre le désir d’apprendre, la bienveillance de mes maîtres me soulageait de l’emprise des marâtres que je subissais à la maison. Petit à petit j’en vins à savoir composer des mots, à les assembler ensuite pour dire la souffrance que je taisais et de la sorte l’apaiser… »
« PAG » est un poète qui ne va pas à la ligne. Il émeut sans jamais tirer trop fort sur la corde sensible. Il est si peu complaisant qu’il peut dans le même temps faire rire et inquiéter. Son verbe est à la fois tendre et drôle, et féroce, d’une générosité qui ne pardonne pas.

Il a publié entre autres JOURS ANCIENS (L’Arbre 1980, 1986, 2003) ; LES RADIS BLEUS (Le dé bleu, 1991) ; JE NE SUIS PAS UN HEROS (L’Arpenteur/Gallimard, 1993) ; TOUTE UNE VIE BIEN RATEE (L’Arpenteur/Gallimard, 1997 – Folio, 1999) ; L’ETERNITE EST INUTILE (L’Arpenteur/Gallimard, 2002).


15 juin 2004

DAVID DUMORTIER

« En pantalon taché de jus de cassis, un marin parcourt les rues d’une ville portuaire, en éprouvant des difficultés à ne pas trop bien parler la langue du pays. Mais c’est essentiellement la lessive qui embarrasse le célibat des matelots. Avec peu de mots, on peut se perdre partout, pense-t-il. »
La poésie de David DUMORTIER allie le trivial et l’idéal, le quotidien et la merveille, la contingence et le rêve absolu qu’elle n’empêche. Il y a là quelque chose d’intense et d’intraitable, de parfaitement irréductible. Il y a là, surtout, quelqu’un.

Parmi ses publications : LA CLARISSE (Cheyne, 2000) ; LA PIOCHE DE SALAH (Ed. Paris-Méditerranée, 2001– qui reprend plusieurs recueils dont POEMES POUR AIMER LES BATEAUX d’abord parus à l’Impatiente en 1996, LES CIGARETTES MAROCAINES chez JM BOUCHAIN en 1995 et INSTANTS FERMIERS parus à L’Arbre en 1997) ; CES GENS QUI SONT DES ARBRES (Cheyne, 2003).


SAISON 2002 – 2003








8 octobre 2002

JEAN-CLAUDE PIROTTE

Jean-Claude Pirotte, peintre, prosateur et poète en vers, citoyen belge, pérégrin pour cause de cavale, dit sa légende. Il pleut beaucoup dans ses livres, comme il pleut à Rethel. La pluie, cette eau qui tombe du ciel et qui coule, fuyante, imprègne l’humeur, et devient minces filets de phrases portant l’image inquiète de l’écrivain, et cavale en musicale mélancolie ; d’un écrivain qui trouve dans le vin le songe d’un geste actif, qui délie le verbe. Quelle que soit leur couleur, Jean-Claude Pirotte est un buveur de mots.

Il a publié : La pluie à Rethel (Luneau-Ascot, 1982 ; La Table Ronde, 2002), La Vallée de Misère (Le Temps qu’il fait, 1987), Les Contes bleus du vin (Le Temps qu’il fait, 1988), Récits incertains (Le Temps qu’il fait, 1992), Il est minuit depuis toujours (La Table Ronde, 1993), Plis perdus (La Table Ronde, 1994), Un voyage en automne (La Table Ronde, 1996), La Légende des petits matins (La Table Ronde, 1996), Faubourg (Le Temps qu’il fait, 1997), Cavale (La Table Ronde, 1997), Autres arpents (La Table Ronde, 2000), Ange Vincent (La Table Ronde, 2001).


12 novembre 2002

ARIANE DREYFUS

On sera frappé comme fragilité/violence, détermination/hésitation subtilement se partagent mais s'allient dans le poème même qui mêle prose et vers pour inventer une autobiographie à travers les autres ; "je" ayant une capacité d'accueil, et semble surgi d'un plan, d'un mouvement, d'une fiction ou d'une mélodie. L'art d'Ariane Dreyfus tient du funambulisme ; elle recherche dans les mots la barre d'équilibre ; et donne de l'énergie à l'hésitation.

Elle a publié : Le Miettes de décembre (Le Dé Bleu, 1997), La durée des plantes (Tarabuste, 1999), Une histoire passera ici (Flammarion, 1999), Les compagnies silencieuses (Flammarion, 2001), Quelques branches vivantes (Flammarion, 2001), la belle vitesse (Le Dé Bleu, 2002)


10 décembre 2002

C.K WILLIAMS

Charles Kennedy Williams, né en 1936 à Newark, vit une partie de l’année aux Etats-Unis et l’autre partie en France. Nous devons sa découverte en France à la traductrice Claire Malroux qui traduisit Flesh and blood (Chair et sang) dans la collection Orphée des éditions de La Différence. Dans l’exigence formelle du vers long qu’il a choisi, une sorte de verset, C.K. Williams s’avance vers son semblable, c’est-à-dire hommes et femmes qu’il croise, écoute, regarde, dans l’intention de déceler la chose à dire qui puisse s’immiscer dans le rythme du poème et faire entendre. Ses poèmes sont “des expériences en elles-mêmes, des éléments de [sa] biographie intime”, une biographie intime très largement élargie, vaste.
Lecture bilingue avec Jean-Pascal Dubost.

Œuvres traduites : Chair et sang (La Différence, coll. Orphée, 1993), Gratitude (éd. In’hui/Le Cri, 1996), Anthologie personnelle (Actes Sud, 2001).


14 janvier 2003

DANIEL BIGA

“ Homme né en 1940 ”, inscrit de lui dans un poème Daniel Biga, mais Homme né en 1940 nu, avec tout à recevoir désespérément du monde infiniment grand, impossible grand ; en proie à une curiosité/répulsion du monde qui l’a travaillé, Daniel Biga hésite entre la colère et le désir d’apaisement en phrases-tracts, phrase-slogans, collages, rebelles à toute forme de figures imposées, des phrases essoufflées car à lire jusqu’au bout d’un souffle . “ Tu aimes la terre par-dessus tout ”, écrit-il dans un poème récent.

Il a publié : Oiseaux mohicans (SGDP, 1969), Kilroy was here ! (SGDP, 1972), Octobre (P.-J. Oswald, 1973), Né nu (Le Cherche-Midi, 1984), L’Amour d’Amirat, (Le Cherche-Midi, 1984), Stations du chemin (Le Dé Bleu, 1990), C’est l’été (Cadex, 1991), Le Bec de la plume (Cadex, 1994), Carnet des ref(o)uges (L’Amourier, 1997), Détache-toi de ton cadavre (Tarabuste, 1998), Le Chant des batailles (L’Amourier, 1999), Dits d’elle (Cadex, 2000), L’Afrique est en nous (L’Amourier, 2002).


11 février 2003

PETR KRAL

Né à Prague, Petr Král quitte en 1968 son pays pour la France (les chars soviétiques envahissent Prague), s’y installe et quitte aussi sa langue natale d’écrire. Transfuge du surréalisme dont il s’affranchira, il se tourne alors vers une écriture plutôt soucieuse du fait quotidien et tournée le plus que possible vers le réel, urbain de large préférence, qu’il ramasse en une sorte de mouvement mélancolique qui porte (peut-être) la trace subtile d’une fuite des racines en même temps que leur demande ? Observateur et marcheur, le poète, souvent porté dans des lieux de passage, comme guette les signes de sa propre présence, fugitive.

Il a publié : Le Surréalisme en Tchécoslovaquie (Gallimard, 1983), Pour une Europe bleue (Arcane 17, 1985), Prague (Champ Vallon, 1987), Témoins des crépuscules (Champ Vallon, 1989), La Poésie tchèque moderne : anthologie (Belin, 1990), Sentiments d'antichambre dans un café d'Aix (POL,1991), Le Droit au gris (In’hui-Le Cri, 1994), Quoi ? quelque chose : et autres poèmes (Obsidiane, 1995), La Vie privée (Belin, 1997), Le Poids et le frisson (Obsidiane, 1999), Venise (Obsidiane, 1999), Anthologie de la poésie tchèque contemporaine (Gallimard, 2002).


11 mars 2003

CAROLINE SAGOT DUVAUROUX

Ariane, Eurydice, Orphée ; le fil, l’eau, le chant ; ces quelques figures mythologiques, et les motifs qu’elles engendrent, filent métaphoriquement dans le livre de Caroline Sagot Duvauroux, Hourvari dans la lette. Il y a toujours ce fil, ce “fil noir tordu sur le papier”, c’est-à-dire la phrase, qu’elle soit en vers ou qu’elle soit en prose (ici, ça se mêle), et qui cède (la coupe des vers, le passage du vers à la prose, les blancs elliptiques) et se reconstituent dans la coupure : la poète réside dans cette coupure, y chante (polyphonique), ou souhaite y faire chanter ce qui ne le peut. La poésie de Caroline Sagot Duvauroux propose une expérience personnelle du désir, et du mystère de son origine.

Elle a publié : Hourvari dans la lette (Corti, 2002)


8 avril 2003

OLIVIER BOURDELIER

Il écrit assez peu ; publie donc peu (ou encore moins) ; prend son temps ; cultive la discrétion sans doute parce qu’il (lui) faut le (grand) temps de la rumination ; que ses poèmes soient des fulgurances ruminées. Une présence rend le poème nerveusement court qui en de courts vers semble tancer celui qui écrit, son propre inventeur, et lui enjoint de ne pas l’approcher. On peut supposer que ça prend forme loin (dans l’enfance), et qu’elle est tapie dans les plis de la mémoire ou dans un rêve ébouriffé ; on peut supposer que le poète, pour la supporter, cette présence, adopte dérision féroce et colère amusée.

Il a publié : Musique à faire danser les ours (Tarabuste, 1993), Eugène les monstres (Tarabuste, 1998), Araignée (Tarabuste, 2001)


13 mai 2003

ROGER LAHU

Publiant en 1998 Au plus près, d’un ton Roger Lahu faisait livre, le livre de l’humour, en poésie, humour toutefois mâtiné d’une très occidentale (personnelle) sagesse bouddhiste. A l’œil et à première lecture, le poème de Roger Lahu est poème-Lahu qui donne l’illusion d’être l’inscription d’une vie, où la part autobiographique la dispute à l’attention au monde ; mais Roger Lahu ramasse l’illusion en interrogations (parfois directes) des conditions d’existence. Il a publié un livre, mais aussi des plaquettes très confidentielles, il envoie hors commerce ou hors circuit et à l’intention des amis nombreux poèmes ; il est l’auteur d’une revue de poésie, “Noniouze”, revue-haïku.

Il a publié : Au plus près (Le Dé Bleu, 1998), Faites comme si j’étais pas là (Les Carnets du Dessert de Lune, 2001), Intimement séparé (Gros Textes, 2001), Voyages (Le Pré Carré, 2002), 01/01/01 (que je suis le seul à posséder), etc.


10 juin 2003

FLORENCE PAZZOTTU

Vers ce qui manque est le titre du dernier livre de poésie de Florence Pazzottu. Mais quoi manque ? Tout ce rien qui manque ? Le poème de Florence Pazzottu va à contre-courant et à contre-conscience chercher (nulle) réponse et qui (ou quoi) fait “je” et “moi”, qui et quoi sont l’Autre. Comme si le poète était en état de manque de cet “autre” mystérieux, et que le poème ne parviendra qu’à esquisser par petites touches, ce qui crée le manque encore. Ecrire poème pour se (re)constituer personne, personne singulière, c’est un défi que lance et un risque que prend Florence Pazzottu, sans appui, sinon celui d’une forme très travaillée pour y déposer sa voix endolorie.

Elle a publié : Les Heures blanches (roman, Manya, 1992), Petite, (poèmes, L’Amourier, 2001), Vers ce qui manque (poèmes, in Venant d’où (4 poètes), Flammarion, 2002), L’Accouchée (récit, Comp’Act, 2002).


SAISON 2001 – 2002








16 octobre 2001

JEAN MINIAC

Traducteur du latin (saint Jérôme, Prudence, Jacques de Vitry), ce poète impose une écriture, tant en vers qu’en prose, d’une élégance savante, que taraude la fréquentation des fissures humaines (ses déambulations le mènent souvent dans les temples où on boit) et l’appétit d’y être placé dans la position du guetteur attentif, mais prêtez l’oreille, et vous l’orrez tenaillé par la mélancolie, cette écriture.

Il a publié : Carmina (Dumerchez, 1995) ; Une petite lucarne de ciel (Rencontres, 1998) ; Chronique des esprits (Dumerchez, 2000) ; Une odeur perdue de la mer (Fayard, 2000).


20 novembre 2001

JAMES SACRE

Auteur d’une œuvre abondante et généreuse, James Sacré a vécu plus de trente ans aux Etats-Unis, où il enseigna, en grande fréquentation des lieux, notamment américains, marocains et de la mémoire (la Vendée natale), il met en attenances leurs langues ou parlers (ou patois) avant de prendre parole et d’inventer une grammaire de la sensation, malgré l’apparence négligée, très travaillée, pour une poésie qui laisse en série des questions toujours en suspension.

Il a publié : Cœur élégie rouge (Seuil, 1972) ; Figures qui bougent un peu (Gallimard, 1978) ; Quelque chose de mal raconté (André Dimanche, 1981) ; Ecrire pour t’aimer ; à S.B. (André Dimanche, 1984) ; Fin d’après-midi à Marrakech (André Dimanche, 1988) ; Paysan comme (quatre fois) (Génération, 1989) ; Des animaux plus ou moins familiers (André Dimanche, 1993) ; La Nuit vient dans les yeux (Tarabuste, 1996) ; La Peinture du poème s’en va (Tarabuste, 1998) ; Ecrire à côté (Tarabuste, 2000) ; Si peu de terre, tout (Le Dé Bleu, 2000).


18 décembre 2001

VALERIE ROUZEAU

Valérie Rouzeau gorge son rythme d’émotion en maintenant une relation étroite, émue, passionnée avec le vécu qu’elle récupère et recycle sans emphase, en une phrase qui titube, repart, hésite, s’élance, s’étonne d’elle-même, et qui en garde les séquelles ; elle est également traductrice de S. Plath, de W.C. Williams, de T. Hughes, et autrement activiste en poésie.

Elle a publié : Pas revoir (Le Dé Bleu, 1999), Neige rien (Unes, 2000), Une foule en terre foulée (avec Michel Nedjar) (Travioles, 2001).


15 janvier 2002

PASCAL COMMERE

Il faut pour lire Pascal Commère, grand admirateur d’André Frénaud, écouter sa respiration précise d’une pensée du monde dont la source privilégiée est la matière rurale et paysanne, écoutée et regardée avec une tendresse fraternelle, et humour, le verbe y est haut, rugueux, ironique, parfois devant la colère.

Il a publié : La Vache automatique (La Dé Bleu, 1989), Ode à l’absence (encore) et à l’herbe du soir (Hautécriture, 1991), Lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir (Folle Avoine, 1996), De l’humilité du monde chez les boursiers (Obsidiane, 1996), Vessies, lanternes et autres bêtes cornues (Obsidiane, 2000), Honneur au fantassin G. conscrit en Meuse (Le Dé Bleu, 2000).


19 février 2002

SABINE MACHER

Allemande, de nationalité, et de langue maternelle ; et danseuse ; elle vit à Paris, écrit en français adopté dans lequel, se jouant des genres littéraires, journal, carnet, roman et poésie en rapportant de son exploration du réel un travail d’illusion d’orfèvre dont l’outil principal est une syntaxe sobre, elle trace une géométrie très mystérieuse.

Elle a publié : Le Lit très bas (Maeght éd., 1992), Ne pas toucher, ne pas fondre (Maeght éd., 1993), Un temps à se jeter (Maeght éd., 1995), Une mouche gracieuse de profil (Maeght éd., 1997), Carnet d’a (Théâtre Typographique, 1999), Rien ne manque au manque (Denoël, 1999).


19 mars 2002

CHRISTOPHE LAMIOT

Ayant vécu une quatorzaine d’années aux Etats-Unis, ce jeune poète, qui vit entre Belgique et Normandie aujourd’hui, a rapporté de ce séjour une très longue suite de poèmes, dont le premier cycle, paru en 2000, suit dans le discontinu du souvenir par périple automobile qu’il fit d’est en ouest attiré par l’infiniment grand (du poème ?), comme un récit d’apprentissage du vers et du rythme ; si le rythme est d’or.

Il a publié : Des pommes et des oranges, Californie I-Berkeley (Flammarion, 2000).


16 avril 2002

MARIE-FLORENCE EHRET

Auteur de romains, de récits, d’essais, de chroniques ou de poèmes, Marie-Florence Ehret, qui vit à Paris, semble à l’étroit dans le monde qu’elle essaie d’observer aussi bien dans sa présence très visible qu’invisible, avec volonté cependant ; l’écriture, c’est alors du mouvement identifiable, qui propose des perspectives.

Elle a publié : La Métrographe (La Différence, 1990), De La Nature de la lumière (La Différence, 1990), La leçon du chat (Littéra, 1996), Semer le vent (Dumerchez, 2000).


21 mai 2002

BERNARD BRETONNIERE






18 juin 2002

FRANÇOIS BODDAERT

Poète, romancier, essayiste, fondateur des éditions Obsidiane qu’il dirige, et de la revue « Le Mâche-Laurier », c’est tout un, un tout qui chez François Boddaert se conçoit en maintenant l’exigence dans la convivialité ; et pour ce qui est de la poésie, qui ne dédaigne pas la difficulté, imprégnée d’Histoire des hommes, d’Histoire des langues, d’Histoire des littératures, et d’anecdotes, elle est le fruit d’une relation binaire entre préparation minutieuse et un plaisir gourmet ; c’est-à-dire qu’elle demande un patient goûter.

Il a aussi publié : Tombeau du goût français (Obsidiane, 1987), Ce livre de malheur et des corps (Le Temps qu’il fait, 1990), Flanc de la servitude (Le Temps qu’il fait, 1995), Vain tombeau du goût français (La Dragonne, 2001).